Organisation des soins aux jumeaux prématurés

Une organisation particulière pour les jumeaux

Le fait de devoir prendre en charge de façon concomitante deux enfants à la fois, nécessite de programmer une organisation particulière, tant en maternité que dans les services d’hospitalisation.

A la naissance, il est absolument indispensable que le pédiatre soit informé du déroulement de la grossesse, des thérapeutiques maternelles en cours, de la vitalité des deux jumeaux, des pathologies présentes ou suspectées chez eux, des décisions obstétricales prises en fonction de leur état.

Une conduite générale concernant l’accueil de ces enfants à la naissance doit être respectée : pour faire face à l’éventualité d’une réanimation néonatale simultanée, il faut réunir deux équipes complètes sur place avant la naissance, disposer de deux plans de travail et de l’ensemble du matériel nécessaire qui doit être en double. En cas de pathologies associées, il faut être préparé à la réanimation d’un grand prématuré (mise en pression positive continue, voire en ventilation artificielle avec ou non administration de surfactant exogène).

L’admission simultanée de deux jumeaux dans un service d’hospitalisation, surtout lorsque ces enfants sont en situation de détresse vitale, impose également une préparation particulière : ces services doivent être entièrement informés des circonstances de naissance et de l’état des enfants, afin de pouvoir préparer les chambres et le matériel nécessaire. Il faut pouvoir libérer à toute heure du jour et de la nuit des équipes médicales et infirmières suffisamment disponibles pour pouvoir, tout au moins lors des premières heures, prendre en charge chacun de ces enfants. Dans certains cas, notamment en région parisienne, des problèmes de place font que les jumeaux sont transférés dans des unités différentes, parfois très éloignées l’une de l’autre.

Lorsque les enfants sont de terme et de poids suffisants, qu’ils n’ont pas de pathologie aiguë sévère, et qu’il existe des structures d’accueil adaptées, l’enfant peut rester en maternité. Depuis quelques années, s’est développé le concept ” d’unités kangourous “, dont le double but est d’assurer la sécurité médicale des enfants, tout en évitant une séparation d’avec la mère, toujours douloureuse et préjudiciable à l’établissement des liens affectifs. Le bénéfice psychologique de la non séparation de la mère et de ses enfants est considérable : la réalisation des soins aux nouveau-nés dans des conditions de sécurité, auprès de la mère et avec sa participation, contribue à démédicaliser cette période des premiers jours de vie et à rendre ” normale ” l’issue d’une grossesse souvent perturbée.

En suites de couches, le rôle du pédiatre est multiple : certes il doit assurer la surveillance des jumeaux qui n’ont pas été transférés, s’efforcer d’encourager l’allaitement au sein (allaitement mixte au début en alternance), mais il doit aussi assurer un soutien psychologique auprès des mères dont les enfants ont été transférés : c’est lui qui doit transmettre et expliquer les informations médicales, et qui doit rester à l’écoute des inquiétudes maternelles bien légitimes.

Au total, les grossesses gémellaires étant souvent des grossesses à haut risque, un certain nombre de pathologies fatales pouvant être dépistées précocement, la prise en charge pédiatrique étant compliquée, on conçoit l’intérêt et la logique de favoriser le suivi des grossesses et la réalisation des accouchements dans des maternités où il existe un service de néonatalogie et/ou de réanimation néonatale. Ces maternités dites de niveau 2 et de niveau 3 doivent de plus en plus s’organiser pour participer à un réseau national de soins périnatals, afin de favoriser les transferts in utero, qui facilitent la prise en charge et améliorent les pronostics.

Les jumeaux différents

Les jumeaux posent le problème de leur similitude et de leur différence. La mère a tendance à les englober dans un même investissement affectif. Même lorsque ces jumeaux sont différents (garçon-fille, un petit-un gros,…), il s’agit pour elle d’une même grossesse qu’elle vit à un moment précis de sa vie, d’un même accouchement, dans un même lieu, etc. Pour le pédiatre, il s’agit de deux enfants, bien individualisés, mais qui naissent au même moment, et qu’il va examiner dans la même chambre, dans le même contexte familial. L’accord ou le compromis qui doit se faire entre le semblable et le distinct n’est pas toujours simple à faire, et se trouve impossible à réaliser, lorsque les jumeaux présentent des pathologies très différentes, qui les obligent à les distinguer totalement. Un des problèmes fréquents en unités de réanimation – soins intensifs, est la situation où l’un des jumeaux va bien (ou son pronostic est tout à fait favorable), et l’autre va réellement mal (ou son pronostic est menacé).

L’équipe pédiatrique va forcément essayer de traiter ces situations individuellement, mais elle doit prendre en compte qu’il s’agit de jumeaux. Ces situations sont extrêmement difficiles à vivre pour les parents, mettant en tension des sentiments contradictoires, empêchant d’avoir une vision cohérente et univoque des problèmes. Les parents peuvent être véritablement déchirés, et peu de solutions peuvent leur être proposées, sinon une écoute et un accompagnement attentif. C’est bien entendu le rôle des équipes pédiatriques, tant pendant le séjour à l’hôpital qu’après la sortie des enfants. Ces équipes ont l’habitude de traiter ce genre de cas et de soutenir les parents de jumeaux dans cette épreuve.

Il est important de dialoguer avec les équipes, de leur dire si vous souhaitez que les bébés restent ensemble même si l’un d’entre eux ne nécessite pas de soin particulier. Les savoir ensemble peut rassurer fortement les parents et l’organisation de la famille pour organiser au mieux leur arrivée.

Sources : www.lesjta.com et www.jumeauxandco.com

Sophie Jumeauxandco

Maman de trois enfants dont des jumeaux, créatrice du blog jumeauxandco ainsi que de la boutique pardeuxcestmieux.

2 Comments
  1. j’ai profité de l unité “kangourou” et c’est vraiment super, enfin on retrouve ses bébés, on peut dormir avec eux à cotés de nous et je pense que c’est vraiment ce qui manque lorsqu’ils sont placé en néonat.
    Pour ma part je n’ai pas pu en profité durant les 2 mois d’hospitalisation de mes jumeaux car tres couteux et ma mutuelle ne prenait pas assez en charges, alors surtout renseignez vous avant à votre mutuelle les remboursement pour accompagnement d’enfant car partir le soir en laissanr ses bébés c’est vraiment un déchirement et on ne s’y fait jamais!

  2. ca doit etre tres dur de ne pas pouvoir rester avec ses bebes
    et ca ne doit pas etre simple non plus pour l’equipe de prendre en charge des jumeaux, ensemble et separe

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