Prématurité témoignage..

Une maman de jumelles témoigne de son expérience concernant la prématurité, ses jumelles étant arrivée un peu trop tôt. Un témoignage émouvant et qui aidera certainement d’autres  parents de multiples …

“Enceinte de jumelles, les inquiétudes quant au risque d’un accouchement prématurité m’ont suivi de l’annonce jusqu’à la fin de ma grossesse et ce qui devait arriver arriva… 34 semaines, problème de tension, on me rentre à l’hôpital pour de simples examens et la le couperet tombe, ils faut faire naître les bébés en urgence…

Tout s’embrouille dans ma tête, des questions, des angoisses, des pleurs, c’est trop tôt.!!!.

30 minutes plus tard elles sont là, et l’équipe médicale s’agite autour des bébés, on me lance un “elles vont bien!”, mais moi j’ai plein de questions qui resteront trop longtemps sans réponse… Elles doivent être si petites, vont elles survivrent? Auront elles des problèmes de santé? Pourquoi ne puis je pas les voir tout de suite?

Je me sens seule, perdue face à cette difficile épreuve qui aurait normalement du être un moment de double bonheur.

Le papa arrive enfin, lui non plus n’a pas pu les voir, il m’annonce qu’elles sont parties en réa neonat, on lui a dit a lui aussi qu’elles allaient bien, mais que veut dire “aller bien” quand on met au monde des enfants mais qu’on ne les a pas auprès de nous pour nous en rendre compte par nous même!!!

Le lendemain matin, c’est le grand jour, celui de la première rencontre, je suis partagée entre joie et inquiétudes, j’arrive en réa et la c’est le choc: j’ai le souvenir d’un tout petit corps, encerclé par des fils, un masque respiratoire qui cachait la moitié du visage de l’une et des bandages recouvrant leurs toutes petites mains… Est ce qu’elles ont mal? Pourquoi tout ces appareils, tout ce bruit, ces lumières…? Je craque… Pendant que mes larmes coulent, j’entends alors la voix douce et rassurante d’une femme derrière moi, elle s’appelle Sandra, elle est puéricultrice et c’est elle qui s’occupe de mes filles… En quelques mots mes larmes se sèchent, elle a de suite su me rassurer, j’ai au moins dix mille questions à lui poser et elle est là, elle m’écoute, elle m’explique, et ça va mieux… Mes filles sont dans des box séparées, et c’est elle qui fait le lien entre elles mais aussi entre elles et moi, c’est un peu comme leur maman en attendant que je puisse être là.

Au début j’avais peur que mes filles ne me reconnaissent pas comme étant leur maman, puisque je ne pouvais pas m’en occuper, j’avais peur de ne pas savoir m’en occuper correctement, peur de ne pas faire les bons gestes, peur de leur faire mal, peur de les toucher… Mais chacune de ces peurs à été effacée par les paroles et les gestes des puéricultrices du service, mes bonnes fées, qui m’ont toujours rappeler la place que j’avais, c’est grâce à elles que j’ai appris à redevenir maman, juste autrement…

Une fois rassurée et après une demi journée de récupération à la fois physique qu’émotionnelle, nous nous sommes enfin décidés à annoncer la naissance de nos filles mais dans un premier temps qu’à la famille proche. Ce fut un moment difficile pour nous, on savait qu’il allait falloir justifier les craintes de tous et répondre à des questions dont personne n’avait de réponse… Psychologiquement pas prêts à entendre tout cela, nous avons envoyé des photos par mail a nos proches accompagné d’un petit message indiquant clairement que pour le moment elles allaient bien mais que nous n’en savions pas plus, le message nous paraissait clair et il l’a été.

Et venu ensuite le problème des visites. Les grands parents, taties et tonton, et la grande sœur (5ans) avaient tous très envie de les voir, il a donc fallu expliquer à tout le monde les règles de fonctionnement des visites ainsi que le protocole d’hygiène indispensable à suivre, je peux dire que contrairement à ce qu’on craignait, cela c’est relativement bien passé.

Pendant mon absence, la grande sœur avait reçu des explications quant à la prématurité des bébés et de ce fait elle a tout de suite adhérer au système se permettant même de faire la leçon aux autres membres de la famille, sa seule inquiétude étant de savoir quand les “toutes petites sœurs” rentreraient à la maison avec maman…

Pour le reste de la famille, les inquiétudes étaient les mêmes que les nôtres, bien que nous ayons omis volontairement certaines informations. En effet, afin de les rassurer nous donnions les informations concernant leur santé au compte goutte, et bien-sur, il était absolument interdit d’aborder le sujet de LA sortie.

LA sortie, le sujet qui crée le “malaise” entre les soignants qui, ne sont pas médium, et ne peuvent donc pas médicalement parlant donner de date, et les parents qui n’ont qu’une hâte, rentrer à la maison avec leurs enfants!!!

Et c’est la que le bas blesse, car une fois “rassurée” sur le pronostic vital de mes enfants, je sais qu’elles doivent restées la encore pour un certain temps, un temps indéfini, et moi il ne me reste plus que quelques jours (bien définis) a rester à l’hôpital… Dans ma tête, tout se bouscule, après une certaine stabilité, de nouveau tout doit changer!!! Les questions fusent, combien de temps vont elles encore restées? Vont elles rester ici et moi chez moi? Vais je pouvoir continuer à les allaiter? Qui va s’occuper de la grande sœur? Comment vais je faire pour être à l’heure pour les soins? Y a t’il un hôtel dans le coin? Et le papa, parviendra t il a gérer son travail et la grande soeur? Que d’angoisses…

Bien sur, je suis rentrée chez moi sans mes filles et là, croyez moi, c’est affreux de revenir chez soi avec un ventre et des bras vides et d’affronter le regard de tous ces gens autour de vous qui compatissent… D’expliquer à une enfant de 5 ans, a son enfant,que maman est rentrée parce quelle va mieux mais que ses sœurs sont restées la bas, et d’entendre votre enfant vous demander les yeux plein de larmes, “et mes sœurs elles vont bien?”, oui, “alors pourquoi elles rentrent pas avec toi?”…

Et les jours passent et se ressemblent tous, un timing bien chargé et millimétré,

La nuit, je mets le réveil toutes les trois heures pour tirer le lait, le matin on se lève, on prépare la grande, on la “jette” à la garderie, le papa part a son travail et moi je roule vers l’hôpital, il faut que je sois à l’heure pour les premiers soins de mes filles, puis le papa me rejoins entre midi et deux pour manger et en profiter pour voir ses filles, puis la journée passe et le soir c’est le douloureux moment du “au revoir”, les longs trajets retour en larmes, épuisée, laissant derrière soi ses bébés…

Heureusement pour moi, pendant ce long mois passé sans mes filles, tout mon entourage, famille, amis et voisins, ont été la pour m’aider à faire les courses, à faire manger la grande le midi, à la récupérer à l’école le soir, la préparer pour la nuit, finir d’aménager la maison, faire du ménage… Tout çà pour qu’en rentrant chez moi je n’ai que du bonheur à partager avec ma grande fille et son papa.

Puis un jour, ma sœur me parle d’une de ses amies qui a aussi vécu une naissance prématurée et qui a décidé de mettre tout en œuvre pour soutenir les parents qui vivent ou on vécu les mêmes douleurs, les mêmes angoisses mais aussi les mêmes joies qu’elle en créant une association du nom de Neonin’s, à ce moment là, c’est une toute jeune association qui débute mais qui déjà est pleine d’amour, de partage, de soutien et d’ambition.

Bien qu’ayant pu bénéficier de quelques jours en chambre mère-enfant afin de faire le lien entre le monde médicalisé et la maison, le jour de LA sortie, jour pourtant tant attendu, n’a dans un premier temps pas été pour moi un moment de bonheur, mais plutôt un moment d’angoisses… J’allais rentrer chez moi, avec deux bébés prématurés, petits, fragiles, et sans personnels soignants ni machines pour me rassurer…

Et c’est la que Neonin’s devient ma “nouvelle bonne fée”, j’appelle Mme Puech (Présidente de l’association), qui généreusement me donne de son temps pour écouter mes angoisses, me faire part de son expérience, de son vécu, et on discute… On discute… Et je sens alors quelqu’un qui comprends ce que je ressens, qui le comprend parce qu’elle aussi l’a vécu , et ça ,malgré toute le soutien de notre entourage, c’est quelque chose d’unique… Quelqu’un qui je sais, sera toujours disponible pour moi, un soutien permanent et durable. Neonin’s à été pour moi un réel soutien, et je sais que ce soit aujourd’hui ou demain, ça le restera…

Aux parents d’enfants prématurés je dirais juste qu’un prématuré c’est avant tout un enfant, plus petit, plus fragile mais qui ,malgré tout ça, nous rend beaucoup plus fort.

Soyez patients, ne restez pas seuls, parlez, aucune questions ni aucune angoisse n’est bête, sortez, faites vous aidez, en bref, vivez et partagez tous ces moments avec votre (ou vos) enfant(s), ils sauront vous le rendre.

N’ hésitez pas à contacter notre association, aucune question n’est bête ni sans intérêt, nous sommes la pour vous, pour vos enfants, votre famille…

MERCI…”

Retrouvez l’association Néonin’s :

L’association Neonin’s propose aide et soutien aux parents d’enfants nés prématurément au Centre Hospitalier de Perpignan.

Page Facebook Néonin’s

Si vous n’habitez pas la région de Perpignan il existe d’autres associations qui peuvent vous aider :

L’association Premup.

Bébé préma le blog de l’association SOS préma

Retrouvez sur notre site les articles traitants des grossesses multiples et prématurité, l’accueil de jumeaux prématurés…:

Sophie Jumeauxandco

Maman de trois enfants dont des jumeaux, créatrice du blog jumeauxandco ainsi que de la boutique pardeuxcestmieux.

1 Comment
  1. Bonjour

    Pour avoir moi même accouché de deux petites jumelles à 29 semaines, votre témoignage m’a donné les larmes aux yeux. Toutes vos angoisses je les ai vécu. Mais je n’ai jamais eu de réponses à mes questions. Voir ses bébés partir au moment de l’accouchement sans pouvoir les serrer dans nos bras et plus qu’un déchirement. Les voir brancher de tout les côtés et se demander si elles vont bien. Sortir de l’hôpital en laissant vos enfants et se dire que tout ira bien est très dur à gérer. Je faisait comme vous les allers-retours tout les jours à l’hôpital pour passer un maximum de temps avec elles. Aujourd’hui elles ont presque 4ans et elles vont bien. Mais je me pose toujours des questions sur leur état de santé même si les médecins me disent “elles sont en pleines formes”.

    Je sais que je ne suis pas seule dans ce cas mais j’aurai aimé trouver des personne à qui pouvoir parler au moment ou elles sont venues au monde.

    Bonne continuation.

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